Le dernier né de l'entreprises en recherche et développement Tecknisolar-Seni, présent au Salon international de la Défense à Paris est un petit avion électrique de 4,5 kg, capable de surveiller un vaste territoire.
La société Tecknisolar avait déjà inventé, il y a quelques mois, un avion sans pilote ultra-léger (400 grammes !). Lançable à la main et se posant instantanément, même dans des endroits accidentés.
Embarqué sur le drone: Un positionneur GPS, une caméra numérique miniature permettant de faire de la surveillance photo ou vidéo, de détecter une source de radioactivité, un foyer d'incendie, d'observer des personnes sur un toit, de surveiller une foule, une voie routière ou maritime...
La grande nouveauté est que ce dernier modèle de drone, peut projeter des grenades et bien d'autres projectiles. « Cet équipement est particulièrement adapté au survol de manifestations rassemblant plusieurs milliers de personnes. En cas de débordement, il peut identifier rapidement, grâce à sa caméra embarquée, les émeutiers et les immobiliser en projetant du gaz », explique Pascal Barguidjian, gérant de Tecknisolar.
La police, les pompiers, les douanes, l'équipement, l'armée sont autant de clients potentiels pour ce drone. Prix estimé : 80 000 €. Du 14 au 18 juin, il sera pour la première fois présenté à Paris aux professionnels de la défense, dans le cadre du salon Eurosatory.
Libération / Laurent Zecchini
Article paru dans l'édition du 18.06.05
Devenus inévitables dans les conflits modernes, les drones occupent logiquement une place importante au salon du Bourget. La marine américaine a mis en oeuvre le drone Pioneer lors de la première guerre du Golfe, en 1991. Les Etats-Unis, l'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne ont utilisé des drones pendant la guerre du Kosovo (1999), à des fins d'observation et de guerre électronique. En 2001, l'américain Predator, construit par General Atomics, a été armé de missiles air-sol Hellfire et Stinger, et engagé en Afghanistan.En novembre 2002, au Yémen, un Predator a détruit un véhicule transportant un responsable d'Al-Qaida. Une opération qui a contribué à faire de ce modèle le premier UCAV (drone de combat). Il est utilisé massivement en Irak et en Afghanistan, en association avec le Global Hawk de Northrop Grumman. Une nouvelle génération de Predator a vu le jour, le Predator-B, capable d'emporter 16 missiles Hellfire ou 6 bombes GBU-12 de 250 kg à guidage laser, à 15 000 m d'altitude. Les Européens semblent vouloir rattraper le temps perdu. Ainsi, une maquette grandeur nature du drone européen de combat Neuron, de Dassault Aviation, lancé en 2003, est présentée au Bourget. Sa fonction sera de valider les technologies qui équiperont de futurs drones de combat. Le projet coûte 400 millions d'euros. Dassault a confié 50 % de la valeur des travaux à des industriels européens : Saab (Suède), HAI (Grèce), EADS-Casa (Espagne), Ruag (Suisse) et Alenia (Italie). Neuron devrait effectuer son premier vol en 2010.
Aujourd'hui, on n'ironise plus sur la «drone de guerre». «Nous sommes en train de passer d'engins d'observation et de reconnaissance à de véritables appareils de combat, explique le général Michel Asencio, chercheur associé à la FRS (Fondation pour la recherche stratégique), les Américains, très en avance, veulent un appareil qui permet d'assommer les défenses adverses, sans risquer la vie d'un pilote.» Fin 2003, le patron de l'Air Force a fixé le cahier des charges : un engin capable de frapper à 17 000 kilomètres en moins de deux heures, avec une charge de 5 tonnes. En 2020, il estime qu'un tiers de ses avions de combat seront des Ucav (véhicule de combat aérien non piloté).
Le Figaro / Arnaud de La Grange
14 juin 2005
Le Pentagone tient à son concept de «persistance projetée». «Ces Ucav ouvriront la porte à une couverture quasi-permanente du champ de bataille puisqu'ils seront ravitaillables en vol, expliquent Adam B. Siegel et James Perry, de chez Northrop Grumman, et ce, dans les conditions les plus hostiles. Avec de grosses économies logistiques et un risque nul de perte en vies humaines.» Parmi les missions principales envisagées : la destruction, durant la dangereuse première phase de combat, des défenses antiaériennes ennemies, la guerre électronique, le renseignement et les frappes nécessitant une réaction ultra-rapide. D'où une large application dans la lutte antiterroriste. Les industriels américains planchent sur deux projets, le X 45 piloté par Boeing et le X 47 Pegasus conduit par Northrop Grumman. Les Européens aussi s'y sont mis avec le programme Neuron (Le projet Neuron, dont le maître d’oeuvre est la société Dassault, regroupe la France, la Suède, l’Italie, la Grèce, l’Espagne, la Belgique et la Suisse avec des niveaux de participation différents).
Derrière ces projets, se profile le grand rêve des stratèges américains, celui du «Global reach, global power», un concept permettant de frapper n'importe où dans le monde à n'importe quel moment depuis un poste de commandement confortablement installé quelque part sur la côte Est des Etats-Unis. «Cela a déjà commencé puisque certaines attaques de drones armés en Irak ont été menées depuis une base aérienne américaine, explique un spécialiste de l'Alat (Aviation légère de l'armée de terre), les Américains rêvent de s'affranchir des difficultés diplomatiques liées à un déploiement de forces et des menaces d'armes de destruction massive qui planent sur les corps expéditionnaires.»
Du coup, alors que les Ucav ont pour le moment l'envergure d'avions de chasse, les ingénieurs américains travaillent déjà sur des drones de la taille d'un bombardier. De véritables forteresses volantes radioguidées.
Libération / Michel Alberganti
Article paru dans l'édition du 19.06.05
"Le noeud du problème réside dans le fait qu'il n'existe pas aujourd'hui de réglementation internationale pour les drones civils" , écrit Jean-Claude Husson, président de l'Académie nationale de l'air et de l'espace (ANAE), dans un dossier publié en 2004 (nº25, La Révolution des drones).
Pour s'imposer, les avions doivent démontrer qu'ils sont désormais indispensables. Si les militaires, eux, sont convaincus qu'il n'est plus possible de s'en passer sur le champ de bataille (Le Monde du 18 juin), il n'en va pas de même pour les usages civils, qu'il s'agisse de la détection d'incendies ou d'avalanches en montagne, de la surveillance des terroristes en Corse ou du trafic routier, tout comme de l'analyse de l'atmosphère. Les coûts semblent souvent largement supérieurs aux bénéfices et les problèmes posés plus nombreux que les avantages.
"S'il faut faire appel à une nécessité vitale, pourquoi ne pas invoquer la surveillance de la planète ?" , lance M. Le Tallec. En fait, l'équation apparaît difficile à résoudre. Pour être rentable, un drone doit pouvoir effectuer plusieurs missions (surveillance de la pollution en mer par dégazage, détection des nuages d'insectes, épandage agricole...). Mais la multiplicité des besoins va souvent de pair avec une forte densité de population, qui rend difficile l'intégration du drone dans le trafic aérien.
La tentation est alors forte de recourir à des modèles volant à très haute altitude (HALE), c'est-à-dire à environ 15 000 ou 20 000 mètres, bien au-dessus du trafic aérien. Mais ces engins, qui peuvent atteindre 40 mètres d'envergure, comme le Global Hawk, et peser 15 tonnes, sont extrêmement coûteux. M. Husson note ainsi que l'acquisition de deux systèmes de cinq drones HALE, assurant en permanence la présence sur zone de deux drones, revient à près de 2 milliards d'euros... Les drones militaires Predator, qui se sont "illustrés" en Afghanistan, coûtent 6 millions d'euros pièce. Pour le civil, la solution réside peut-être dans les drones miniatures volant à très basse altitude, tel l'hélicoptère d'épandage des champs de riz de Yamaha Motors.
Le constructeur français Bertin Technologies a fait le pari de la petite taille en développant le Hovereye, un appareil électrique ressemblant à un ventilateur, qui pèse 3 kg pour 60 cm de hauteur. Il vole entre 10 et 100 km/h, avec un rayon d'action d'un kilomètre et une caractéristique majeure : l'aptitude au vol stationnaire [QT vidéo]. De quoi le transformer en véritable espion volant en milieu urbain. Immobile devant une fenêtre, il peut transmettre des images grâce à sa caméra couleur ou infrarouge. Le coût de l'Hovereye : entre 20 000 et 100 000 euros pièce, en fonction du degré d'intelligence du système (vol automatique avec évitement d'obstacle).
Il semble que, malgré leur versatilité, les drones se développent surtout pour des missions de surveillance militaire ou policière. Ainsi, lors de la réunion du G8 de 2003 à Evian (Haute-Savoie), les manifestants ont eu la surprise de voir arriver les voitures de la police, alors qu'ils n'avaient pas encore fini de se rassembler, en pleine nuit. Un drone veillait.
En Suisse:
- Une drone d'idée? («Une Suisse sans armée» n° 64 (hiver 2004), p. 21. Sébastien L'HAIRE)
- L'affaire du drone genevois ou comment l'armée veut jouer avec la police.
Extrait des propos du Lt col EMG Ludovic Monnerat :"Aujourd’hui déjà, l’armée appuie de manière décisive les forces de sécurité civiles par du personnel et des moyens de transport, d’exploration ou de communication qu’elle seule possède. Cet engagement va certainement s’accroître, et il est probable que dans un futur assez proche nous assistions à une intégration civilo-militaire modulaire, avec la création de forces de circonstances assemblées à partir d’éléments de l’armée, des polices et des garde-frontières, et commandées par l’une ou l’autre entité en fonction de la mission.
La fin des distinctions entre sécurité intérieure et extérieure, entre civil et militaire ou entre crime et combat exige une transformation des organes de sécurité allant dans le sens d’une collaboration étendue."
Cet article n'a pas de Commentaires/Pingbacks pour le moment...
>> LAST POST
>> TRADUIRE EN [FR]
>> TRANSLATE TO [ENG]
>> Commentaires
>> TRUCS SANTE
>> IMPLANTER.ORG
>> METASYSTEMS
>> CHEMTRAILS
>> L'ÎLE DES NAUFRAGÉS
>> GNN
>> Robotic Nation
>> the Hacktivist
>> indymedia
>> Greening The Desert
>> Infokiosques.net
>> Altermonde.levillage.org
>> Casseurs de Pub
>> ACRIMED
>> use adiumX
>> NeoOffice
>> Get Firefox
| Lun | Mar | Mer | Jeu | Ven | Sam | Dim |
|---|---|---|---|---|---|---|
| << < | > >> | |||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | |||
| 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 |
| 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 |
| 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 |
| 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | 31 | |